vendredi 26 août 2011

AU CINEMA (1/5) (MAJ)


PREMIERE PARTIE : «Semper Fidelis Jack»

Quel bon moment que d'aller au cinéma. Une activité pas chère, qui ne dure pas trop longtemps, avec des gens que l'on apprécie, et pour peu que le film soit bon, on passe un excellent moment !
Oui mais...et oui, toujours ces cons. Et à toutes les étapes dès lors qu'on arrive au cinéma d'ailleurs, de tous les côtés, on est vite cerné !

Le plus important, c'est d'arriver à l'heure, c'est à dire en avance. Toujours arriver en avance. Pas 5 minutes en avance, non. Au moins 20 minutes. Pourquoi ?
D’une part pour avoir des places, ce qui ne coule pas de source. D’autre part pour être bien placé une fois dans la salle, ce qui nécessite de fortes ressources psychologiques. Enfin, pour ne pas rater les bandes annonces, ce qui est insupportable.

Avoir une place n’est pas une évidence. Foule oblige, l’attente est parfois longue. Le stress est à son maximum : au dessus des caisses se trouve un écran indiquant le nombre restant de places. « Jack story 2 : Le lama contaminé – nombre de places restantes 47 ». Nombre de personnes devant soit : seize groupes de trois à quatre personnes. Bon, ca devrait aller, d’autant qu’ils ne vont pas tous aller voir notre film. Et puis vu le nombre de caisses ouvertes : deux. Hein deux ? Mais il y a six guichets !
Oui, on est déjà dans l’ambiance du cinéma proche de sa clientèle. Même le samedi soir, trois caisses sont ouvertes au maximum. Sachant que les trois files d’attente déborde jusque dehors, on nous prend pour des c…Ah ca y’est c’est à nous.

Places prises. Le film commence à 20h15, il est 20h12, « Dépêche toi, on va être en retard, on va louper les bandes annonces ! ».
Et comme souvent,  notre élan est stoppé net par un grand monsieur (ou une toute petite dame, c'est selon) en costume noir  qui nous dit de sa grosse voix (même pour la petite dame) :
« Excusez moi, ou allez vous ? 
-(Voir un film, grosse bougie) Salle une, le film va bientôt débuter.
-La salle une n'est pas encore prête, veuillez patienter.
-Ah... »
Un coup de genou dans les bourses et on passe discret ? Mieux vaut attendre la douce voix vous annoncer à 20h17 que « les salles 1, 4, 8 et 12 sont ouvertes ».
Top départ. Les gens biens tranquille lorsqu’ils attendaient à la caisse essaient désormais de gratter des places. Et vas y que je te double, que c'est ma sœur qui est devant qui a les billets, et que c'est pas la peine de pousser (disent-ils en poussant), etc.

20H19,  « c'est sûr, on va les rater les bandes annonces putain ! Moi qui attends désespérément la nouvelle bande annonce de Batman en grand écran ».

Ticket « validé », « c’est bon, on sera à l’heure » la tension descend d’un cran. Le traditionnel couloir rouge est apaisant. Ambiance détente, lumière tamisé, tout le monde marche assez tranquillement, dans la dignité. Une atmosphère de « tout le monde aura sa place » s'installe. On se tient la porte. « Merci monsieur ».

Illusion ! Désinformation ! Il fallait repérer la marche rapide, les regards alentours, les messes basses de la femme de Bernard, le cinéphile moyen qui ralentit le pas devant les grandes affiches collées au mur « regarde chérie, il va y avoir un nouveau Batma...DEPECHE TOI BERNARD »  (à voix basse). Certaines maman osent même le « t'iras faire pipi plus tard, faut qu'on trouve une place » (toujours à voix basse).
Personne ne le dit, mais tout le monde le sait : c'est la guerre. Il faut désormais se placer.

Mais avant de poursuivre, arrêtons-nous un instant. Posons les termes du débat. Pourquoi faut-il être bien placé ? Et d'ailleurs, qu'est ce qu'être bien placé ?
Peut-on être à la fois bien placé et mal placé ? Pire encore, peut on avoir été bien placé et se retrouver mal placé ? La réciproque est-elle vraie ?
Vaste débat. A peine entré dans la salle, un vaste monde rempli d'incertitude s'ouvre alors à nous. De la stratégie, des sueurs froides, des émotions. Mais aussi de l'espoir, de la colère, de l'attente. La phase pré-film est incroyablement riche en émotion. Rappelons-nous...

Toutes les salles de cinéma sont plus ou moins agencés de la même manière : le fond, le milieu, le devant, et les côtés.
Personnellement, j’aime bien être au milieu. Le problème, c’est que c’est le cas de quasiment tout le monde.
Et bien sûr, il n’y a pas la place pour tous le monde. Enfin presque. Car par « avoir de la place », j’entends  une à deux places de libres de chaque cotés, personne derrière et surtout, surtout, personne devant. Mais ça, c’est l’idéal, et tout le monde ne pense pas pareil. Et puis ne l’oublions pas, c’est la guerre, et nous sommes des soldats..

Enfin pas encore, il faut d’abord laisser sortir les deux ou trois cons qui sortent en retard de la salle. Allez savoir pourquoi.

C’est le moment. Semper fi.


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Trouverons nous une place dans la salle? Qui est Jack? Les réponses à toutes vos questions au prochain épisode...très prochainement.

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