TROISIÈME PARTIE : « Le silence est d’or Jack, mais pas mon flingue ! »
Les bandes annonces sont passées, une pure tuerie. Le film va suivre.
Ça démarre fort. Jack est immédiatement mis à contribution par les autorités locales au sujet d’une alerte à la bombe dans un métro. Il y a urgence.
2h10 de pur plaisir non stop. Le repos intellectuel tant mérité. La solitude de chacun devant l’écran. Le partage des émotions. Le…téléphone portable du voisin qui éclaire toute la rangée.
Typique du gros con assis à côté de vous.
Premièrement, en entrant au cinéma, il n’a pas éteint son téléphone. Pourquoi ? Nous avons tous le temps de le faire. Oui mais lui, il lui fallait du pop corn, donc il n’a peu le temps. Puis, étant arrivé en retard, il a oublié.
Une erreur est vite arrivée. Sentant vibrer son téléphone, ce con l’a sorti de sa poche, et, remarquant la réception d’un sms, a décidé de le lire.
Pendant ce temps, Jack qui parlait de désamorcer une bombe dans le métro est déjà à l’avant d’un camion au milieu d’une route de montagne. Impossible de suivre le film.
Là où le con devient un gros con, c’est quand il se dit que puisque Jack a désamorcé la bombe et qu’il est désormais sur son camion, il a le temps de répondre à son sms, le gros de l’intrigue étant passé. « Suis au cinéma, peux pas te répondre ». La réponse typique. Je réponds mais chuuut, je ne peux pas te répondre.
Satisfait, il montre le sms à sa copine, qui pouffe, et le range à nouveau dans sa poche droite, sans se soucier des coups de coude. Qu’à cela ne tienne, ce con a perdu le droit de poser son coude sur l’accoudoir. La place est prise désormais.
Passons sur l’accusé de réception qui sonne.
Reprenons le film. L’intrigue est plutôt bonne. La bombe du métro était une diversion apparemment. Le jeune frère de Jack, gravement malade, est à présent retenu dans la forêt de l’autre côté du pont. La scène du début nous montrait Jack étant petit, coupant du bois avec son père. Nous ne sommes donc pas surpris de le voir conduire un camion, en pleine forêt, à cent à l’heure. Tout cela est bien ficelé. Il roule depuis trop longtemps sans qu’il se passe quelque chose. C’est alors que…
« Excusez moi, pardon, pardon, désol… ». Une femme et son gamin de la rangée de devant passe devant tout le monde. Le gamin doit aller faire pipi. C’est une urgence. Évidemment, elle passe devant le grand type assis juste en face, qui se lève. Déjà qu’assis, il était grand. Voila, j’ai rien vu. Putain c’est pas possible !
Impossible de se remettre dans le film tant qu’elle n’est pas revenue.
Pendant ce temps Jack est à nouveau dans le métro, un autre cette fois ci et il montre les photos d’un lama à un type chauve. Je n’ai rien suivi.
La mère revient avec son gamin, le grand se relève encore une fois. Le film peut reprendre.
Jack se remémore ses souvenirs et s’imagine avec sa mère, plus jeune, lorsqu’il faisait de la balançoire dans l’enceinte de la caserne. La musique est parfaite. L’émotion est palpable. Puis ce silence terrifiant lorsque peu après…
Question : peut-on dire d’un du mec qui règle le son qu’il est un gros con lorsque dans une salle (par exemple la salle 1), quand le silence s’installe, afin de dramatiser un peu la situation déjà émouvante d’un film, on entend les basses de la salle d’à côté (par exemple la salle 4)?
Cela ne peut pas arriver ? Ces bâtiments sont prévus pour ? Non c’est tout à fait logique. Explication : Lorsque X, présent dans une salle A est obligé de mettre des boules Quiès parce que le son est trop fort, il est extrêmement probable que Y, présent dans la salle B entende le bordel qui en résulte s’il a lui-même enlevé ses boules Quiès (le temps d’une scène particulièrement peu bruyante). Ce qui rompt inévitablement l’instant dramatique tant préparé.
Que faire ? Pas grand-chose. « Vous avez les oreilles délicates jeune homme, c’est bien la première fois qu’on nous signale cela ! ». Changer de cinéma alors? Nous y reviendrons lors d’un prochain billet consacré à la 3D ;).
Alors certes, la mère de Jack vient de décéder d’une souche particulièrement virulente d’un nouveau virus, en lui disant combien elle l’aime. Combien il ne doit jamais oublier d’aimer la nature. D’aimer le silence. Ce silence assourdissant que l’on entend au moment même où elle lui annonce que son petit frère risque d’être porteur d’une maladie génétique dégénérative. Ce silence qui couvre les pleurs de petit Jack. Ce silence qui accueille la mort et accompagne la maman de Jack sous de nouveaux cieux.
Certes. Mais l’effet n’est plus le même lorsque la délicate caresse du vent sur les cheveux de cette dame fraichement morte est couverte par le bruit d’un Transformers géant, salle 4, dégommant l’Empire State Building avec un petit porte-avion.
« De toute façon, on n’est pas venu voir un film de fillette. Ouai ça bouge, ouai y’a du bruit. C’est de la testostérone, c’est bon ça! ». Ducon.
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Dans le prochain épisode, suite et fin des aventures de Jack. N'attendez pas et achetez nos 43 modeles de paquets de céréales pour collectionner les cartes de jeu Jack Story et peut être trouver la carte collector: un lama noir.
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